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La Haute Route des Pyrénées

2092015

Haute Route des Pyrénées du 15 au 21 août 2015 

La Haute Route qui a pour slogan publicitaire « la cyclosportive la plus dure du monde » est une cyclosportive en sept étapes d’environ 800 km et 20 000 mètres de dénivelé dont il existe trois versions : Pyrénées, Alpes et Dolomites qui se déroulent consécutivement entre le 15 août et le 6 septembre.

Grâce à une inscription gratuite offerte par la municipalité d’Arette La Pierre Saint-Martin lors de la Pierre Jacques en Barétous, j’ai eu la chance de participer à la Haute Route des Pyrénées.

Profil des 7 étapes

Profil des 7 étapes

Carte du parcours

Au départ d’Anglet sur la Côte Basque, nous étions près de 400 concurrents venant de trente-deux  pays différents dont seulement une quarantaine de français. La plupart des échanges entre concurrents se faisaient donc en anglais.

Il y avait des participants de très haut niveau comme l’équipe nationale du Kenya dont l’ambition est de participer au Tour de France, une équipe russe et quelques habitués des podiums cyclosportifs (Stefan Kirchmair, David Polveroni, Loïc Ruffaut, …). Le niveau moyen était plus élevé que dans les cyclosportives classiques et les barrières horaires imposées pour le passage au sommet des cols étaient relativement exigeantes. Ma seule ambition au départ était donc de terminer sans me faire éliminer.

La Haute Route est une épreuve haut de gamme dans laquelle les concurrents, en échange d’un prix d’inscription très élevé, bénéficient d’un niveau de service exceptionnel : remise d’une tenue cycliste complète (maillot, cuissard, chaussettes, coupe-vent), remise d’un grand sac de voyage pour le transport des bagages par l’organisation, remise d’un sac à dos pour le transport par l’organisation des affaires permettant de se doucher et de se changer immédiatement après l’arrivée, repas chaud à l’arrivée de chaque étape et massages pour ceux qui le souhaitent, ravitaillements avec produits énergétiques à volonté, remise d’un polo et d’une médaille de finisher à la fin de l’épreuve, briefing quotidien en anglais et en français sur l’étape du jour et le parcours de l’étape du lendemain suivi d’un copieux apéritif (sans alcool), publication  automatique chaque soir des photos des concurrents sur leur page Facebook, publication des résultats sur internet immédiatement après l’arrivée de l’étape, sécurité exceptionnelle avec de nombreux motards sur tout le parcours et à tous les niveaux de la course, assistance technique Mavic sur tout le parcours …

Nous avons globalement bénéficié d’une météo très favorable avec quatre jours de grand beau temps pas trop chaud et trois jours un peu brumeux mais sans pluie.

Etape 1 : Anglet- La Pierre Saint-Martin : 138 km – 3900m D+

Nous avons quitté l’Océan Atlantique sous un ciel couvert pour traverser les collines du Pays Basque en grimpant de nombreuses petites côtes souvent raides jusqu’à Saint-Jean Le Vieux où le dénivelé atteignait déjà plus de mille mètres. Le redoutable col de Burdincurutcheta se dressait alors devant nous avec ses cinq premiers kilomètres à plus de onze pour cent de moyenne et des passages à quinze pour cent. J’ai eu un peu de mal à trouver mon rythme et à atteindre le sommet plongé dans le brouillard. Après une descente de deux kilomètres, la route montait à nouveau pendant six kilomètres dans la forêt d’Iraty jusqu’au col de Bagargui.  Je connais bien la descente extrêmement raide de ce col et j’ai doublé plusieurs concurrents un peu stressés par la pente. Après une dizaine de kilomètres en faux plat descendant dans la vallée du Saison, nous devions gravir le col du Soudet par Sainte Engrâce, un des cols les plus difficiles de France à mon avis (23,7 km à 6,7%). Dans les dix derniers kilomètres, la pente moyenne est supérieure à 9% avec des passages à 16%. Au sommet du col, il ne restait plus que deux kilomètres à parcourir sur la route empruntée par le Tour de France jusqu’à la Pierre Saint-Martin (1656 m) que j’ai atteint à 14h30 alors que la barrière horaire était fixée à 15h40. Dans l’absolu, je pense cette étape était la plus difficile du parcours en raison des nombreux passages très raides caractéristiques des cols basques. Après le repas, des cars nous ont ramené à Pau, lieu de départ des deux étapes suivantes.

Col de Burdincurutcheta

 

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Etape 2 : Pau – Pau : 158 km 2800 m D+

J’étais un peu le régional de l’étape sur ce parcours de Pau à Pau qui passaient par les cols les plus proches de chez moi et que j’ai le plus souvent gravis en vélo : Marie Blanque, Aubisque et Soulor. La météo était idéale avec un beau ciel bleu et une température maximale de 26 degrés. L’ascension de Marie Blanque par son versant ouest est un grand classique du Tour de France. Elle ne dure que dix kilomètres mis la pente se redresse progressivement et devient supérieure à onze pour cent dans les quatre derniers kilomètres. J’ai effectué l’ascension avec trois concurrents finlandais. Quand on sait que la Finlande est un plat pays enneigé pendant plusieurs mois en hiver, on ne peut qu’admirer la volonté de ces finlandais qui s’entraînent en faisant du ski de fond, beaucoup de home trainer et en prenant des routes face au vent du large quand le climat le permet . L’un deux avait installé un petit haut-parleur sur son guidon et pour la première fois j’ai grimpé un col au rythme de morceaux de hard rock ce qui je dois dire m’a bien stimulé. Dans l’Aubisque (1709m), grand classique hors catégorie du Tour de France (16, 5 km et 1200 mètres de dénivelé), j’ai eu un petit passage à vide et je n’ai pas réussi à suivre les finlandais. Heureusement, je me suis senti mieux sur la fin et je les ai rattrapés entre l’Aubisque et le Soulor sur la corniche du Cirque du Litor, une des plus belles routes de montagne du monde, non, non, je ne suis pas chauvin … Nous avons fait ensuite une descente très rapide du versant nord du Soulor avant de rejoindre Pau à vive allure et de profiter de la célèbre vue sur la chaîne des Pyrénées depuis le Palais Beaumont où se trouvait le village de la Haute Route.

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Etape 3 : Pau-Hautacam : 135 km – 3000 m D+

Cette étape comme la précédente parcourait  mes routes d’entrainement habituelles et s’est déroulé sous un ciel couvert mais sans pluie. Les trente premiers kilomètres dans les coteaux béarnais n’étaient qu’une succession de montée et de descente jusqu’à mon village de Bruges où ma famille et mes amis m’ont chaleureusement encouragé à mon passage. J’ai réussi à m’intégrer dans un groupe d’une douzaine de concurrents pour remonter la vallée de l’Ouzom face au vent. Avant d’attaquer les premières rampes du Soulor, je me suis rendu compte que mon guidon s’était desserré et plongeait vers l’avant. Au ravitaillement d’Arthez d’Asson, je me suis arrêté une dizaine de minutes pour attendre la voiture d’assistance Mavic. Malheureusement, le mécanicien n’est pas parvenu à dévisser l’une des vis de ma potence et m’a conseillé de finir l’étape comme cela et de revenir le voir à l’arrivée où il disposerait d’outils plus adaptés. Le temps passant, il était 10h 30 lorsque je suis arrivé à Ferrières où commence véritablement l’ascension de 12 km du col du Soulor. J’étais inquiet sur mes capacités à franchir dans les délais la barrière horaire fixée à 11h40 au sommet du col du Soulor. Je me suis donc fait violence dans cette montée que je connais par cœur pour finalement atteindre le sommet à 11h28 après avoir doublé plusieurs concurrents. Une cinquantaine de concurrents ont franchi sommet hors délais et auraient normalement dû être éliminés. Heureusement, les organisateurs se sont ensuite rendus compte que cette barrière horaire était trop exigeante par rapport à l’heure limite d’arrivée à Hautacam et dans la soirée, ils ont repêché la plupart des éliminés. Le chronomètre était neutralisé dans la descente sur Argelès-Gazost que j’ai effectuée tranquillement. Il n’empêche que j’avais fourni un gros effort et que j’étais bien « entamé » avant d’aborder les premières rampes de la montée vers Hautacam (13 km -1150m de dénivelé). J’adore cette ascension très irrégulière avec des passages très raides entrecoupés de passages plus faciles. Sous un ciel couvert, la température était relativement fraîche et j’ai rapidement trouvé un bon rythme malgré la difficulté à me mettre en danseuse avec mon guidon rabaissé.  J’ai doublé quelques concurrents et j’ai atteint sans problème l’arrivée au sommet malheureusement noyé dans le brouillard avant de redescendre vers Argelès-Gazost pour me changer, prendre mon repas et surtout faire réparer mon guidon.

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Etape 4 : Argelès Gazost – Saint Lary : 115 km – 3400 m D+

Le ciel était à nouveau couvert et la température assez fraîche au départ de cette étape qui débutait par l’ascension du célèbre col du Tourmalet (2113m), le col le plus souvent franchi par le Tour de France. Le peloton s’est étiré dès le départ et des groupes se sont formés dans les gorges avant Luz Saint-Sauveur où débutent vraiment les difficultés. Il reste alors 18 kilomètres et 1300 mètres de dénivelé à gravir jusqu’au sommet, quasiment sans répit, avec des pentes oscillant entre sept et dix pour cent. J’ai adopté un rythme prudent en surveillant mon cardio et j’ai bien géré mon ascension. Il ne faisait que quatre degrés au sommet. Le versant est du col était noyé dans un épais brouillard qui rendait la descente très délicate. A la Mongie, la route recouverte de crottes de brebis sur cinq cent mètres était très glissante. Le passage des paravalanches était glacial et le freinage était pénible avec les mains gelées. A partir d’Artigues, la température était plus douce et la fin de la descente jusqu’à Sainte Marie de Campan s’avéra nettement plus agréable. Sans transition, il fallait alors grimper le col d’Aspin relativement facile par ce versant qui ne m’a pas posé de problème. Je me suis régalé dans la belle descente sinueuse vers Arreau et la vallée d’Aure.  Une quinzaine de kilomètres en faux-plat montant nous menait alors au pied du col d’Azet (1580m) dont la montée de huit kilomètres à 8,3% de moyenne était difficile en fin d’étape avant de plonger sur l’arrivée à Saint-Lary sous une légère bruine.

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Etape 5 : Montée du Pla d’Adet contre la montre : 12km et 900 m D+

Cette journée très ensoleillée et très chaude était un peu la journée de repos puisqu’il s’agissait seulement de grimper les douze kilomètres séparant  Saint-Lary du Pla d’Adet (1680m). Cette ascension est très exigeante avec un pourcentage moyen de 8,1% et elle a été empruntée plusieurs fois par le Tour de France, notamment il y a quarante ans en 1974 lorsque Raymond Poulidor, âgé de trente-huit ans, y avait battu le grand Eddy Merckx. S’agissant  d’un contre la montre, nos départs se faisaient toutes les vingt secondes dans l’ordre inverse du classement général sur une rampe inclinée identique à celle du Tour de France, ce que je n’avais encore jamais eu l’occasion d’expérimenter. Je suis parti vers 10h30. Après quatre étapes, les jambes étaient un peu lourdes et j’avais décidé de ne pas trop forcer afin de garder des forces pour la suite. Toutefois, je me suis un peu laissé prendre au jeu en essayant de ne pas me faire rejoindre et de rattraper les concurrents qui me précédaient. J’ai fini 257èmeen  57minutes et 56 secondes ce qui m’a permis de gagner deux places au classement général en passant de la 259ème place à la 257ème place. Je constate d’ailleurs que mes résultats ont  été très réguliers autour de la 250ème place dans toutes les étapes. Afin de ne pas gêner les concurrents qui montaient, nous étions autorisés à prendre le téléphérique pour redescendre à Saint-Lary où j’ai passé une agréable après-midi en compagnie de Catherine venue me rejoindre. Ayant remarqué un léger claquement dans mon pédalier, je suis allé voir l’assistance Mavic qui l’a réglé en supprimant un léger jeu dont provenait certainement le bruit.

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Etape 6 : Saint-Lary – Superbagnères : 122 km – 3800 m D+

Le temps était beau et chaud pour cette étape dite marathon, annoncée comme la plus difficile par les organisateurs avec quatre cols au programme : Azet, Peyresourde, Port de Balès et Superbagnères.

Dès la sortie de Saint-Lary, la montée de dix kilomètres du col d’Azet avec des passages à plus de dix pour cent était une entrée en matière assez rude et mieux valait rester prudent et profiter du remarquable paysage offert par ce col vu la suite de la journée. J’étais content de constater que le bruit dans mon pédalier avait disparu. La descente vers Loudenvielle  sinueuse et technique menait quasiment sans transition au pied du célèbre col de Peyresourde, grand classique du Tour. J’ai grimpé les huit kilomètres de ce col à bonne allure avec un groupe très cosmopolite comprenant des italiens, des allemands et des anglais que j’ai laissé filer dans le dernier kilomètre pour ne pas me mettre en surrégime alors que la température commençait à monter. La descente du col de Peyresourde n’est pas technique et permet de dépasser facilement les 70 km/h dans de grandes lignes droites jusqu’à l’embranchement à gauche vers le col de Balès (1755m – 15,8 km à 6,1%) après lequel la route se cabre immédiatement à plus de 10 pour cent sur quatre kilomètres. Là, mon pédalier s’est  mis à craquer de plus en plus à chaque tour de manivelle sans que j’arrive à déterminer d’où venait ce bruit. J’ai vu le moment où j’allais être obligé de m’arrêter mais j’ai néanmoins continué en espérant me faire rattraper rapidement  par une voiture d’assistance Mavic. Après une portion moins raide dans la vallée de Bourg d’Oueil, les six derniers kilomètres sont plus raides et spectaculaires dans un paysage pastoral au milieu des troupeaux de vaches et de brebis qui occupent la route par endroit. Par miracle, mon pédalier a cessé de craquer sans que je comprenne pourquoi et j’ai atteint joyeusement le sommet baigné dans une lumière idéale pour admirer la vue remarquable sur sommets de plus de 3000 mètres d’altitude du Luchonnais. La descente très dangereuse sur une route raide et en mauvais état judicieusement neutralisée. Dans la vallée, je me suis retrouvé en compagnie de quatre autres concurrents dont une cycliste brésilienne toujours prête à prendre les relais pour parcourir les vingt-cinq kilomètres nous séparant de Bagnères de Luchon où nous passions devant le village de la Haute Route avant de commencer la longue ascension de dix-huit kilomètres vers Superbagnères (1791m) sur une route surchauffée.  Cette montée, plusieurs fois empruntée par le Tour de France garde le souvenir d’une magnifique victoire contre la montre de Federico Bahamontés et d’une énorme défaillance de Bernard Hinault qui y perdit toute chance de remporter un sixième Tour de France. Quant à moi, je l’ai abordé prudemment en sachant que les six derniers kilomètres sont les plus beaux mais aussi les plus difficiles. En avance d’environ une heure et demi sur la barrière horaire, je n’ai pas eu envie de forcer et je suis arrivé au sommet moins fatigué que je le craignais.  Après un regard sur le pic d’Aneto (3404m) et une pensée nostalgique pour mon escalade de ce pic par l’arête des Tempêtes il y a quinze ans, je suis redescendu sur Luchon pour retrouver Catherine et me restaurer.

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Etape 7 : Bagnères de Luchon – Toulouse : 155 km – 1500 m D+

Cette dernière étape s’est déroulée dans une température caniculaire (34 degrés à l’arrivée à Toulouse). Elle ne comportait qu’une seule grosse difficulté : l’ascension du col de Menté (1349 m) par Saint-Béat. La fatigue commençant à se faire sérieusement sentir, ce col de 9,3 kilomètres et 850 mètres de dénivelé soit une pente moyenne de 9,1% m’a paru bien long et j’étais heureux en franchissant le sommet car j’étais alors presque certain de finir cette Haute Route des Pyrénées. La suite du parcours s’avéra cependant assez sportive sur des routes très vallonnées. Le rythme très soutenu du groupe dans lequel je me trouvais m’obligea à puiser dans mes dernières réserves pour ne pas me faire lâcher avant l’arrivée à Saint Lys à une vingtaine de kilomètres de Toulouse où se terminait la partie chronométrée de cette étape. A l’arrivée, j’ai reçu avec plaisir ma médaille et mon polo de finisher de la Haute Route des Pyrénées.

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Je termine 248ème au classement général sur 298 concurrents classés. Une soixantaine de concurrents ne sont pas classés pour cause d’abandon ou d’arrivée hors délais sur une des étapes. C’est l’autrichien Stefan Kirchmair qui remporte la victoire finale. Il faut saluer également la performance de Christian Haettich, amputé d’un bras et d’une jambe, qui a terminé cette Haute Route dans les délais avant d’enchaîner sur les Alpes et les Dolomites

C’est la première fois que je participais à une cyclosportive par étape et je suis très satisfait car j’ai pu constater que je récupère correctement des efforts entre deux étapes. J’avoue que mon esprit aurait bien aimé enchaîner sur la Haute Route des Alpes comme certains concurrents l’ont fait .Il n’est cependant pas certain que mon corps aurait apprécié … J’ai apprécié l’ambiance cosmopolite de la Haute Route qui m’a permis de côtoyer des cyclistes d’horizons très variés.J’ai également apprécié l’organisation irréprochable notamment sur le plan primordial de la sécurité.

Je remercie sincèrement la municipalité d’Arette La Pierre Saint-Martin de m’avoir donné l’opportunité de participer à cette Haute Route des Pyrénées.

Le seul bémol est que j’ai maintenant envie de participer à la Haute Route des Alpes ou à la Haute Route des Dolomites …

Pierre Gadiou

 

 







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